Azurite
L’azurite est un minéral de carbonate de cuivre hydraté, de formule Cu3(CO3)2(OH)2, reconnaissable à sa couleur bleu azur profond à laquelle elle doit son nom. Très recherchée des collectionneurs pour la beauté de ses cristaux, elle a aussi servi pendant des siècles de pigment bleu aux peintres. On l’appelle également chessylite, d’après un gisement français célèbre.
Identité minéralogique
- Composition : carbonate basique de cuivre.
- Système cristallin : monoclinique ; cristaux prismatiques ou tabulaires, souvent groupés en rosettes, ou masses globulaires et terreuses.
- Couleur : bleu intense, du bleu azur au bleu nuit ; trait bleu clair.
- Éclat : vitreux.
- Dureté : 3,5 à 4 sur l’échelle de Mohs, ce qui en fait un minéral tendre.
- Réaction : comme les autres carbonates, elle fait effervescence au contact des acides.
Formation et gisements
L’azurite se forme dans la zone d’oxydation des gisements de cuivre, là où les eaux de surface chargées de dioxyde de carbone altèrent les minerais primaires. Elle y est presque toujours associée à la malachite, autre carbonate de cuivre, de couleur verte. Avec le temps, l’azurite tend d’ailleurs à se transformer en malachite, plus stable dans les conditions ordinaires : on trouve des cristaux d’azurite entièrement remplacés par de la malachite tout en gardant leur forme.
Le gisement historique de Chessy, près de Lyon, a fourni au XIXe siècle des cristaux réputés, d’où le nom de chessylite. Parmi les localités renommées figurent aussi Tsumeb en Namibie, Bisbee en Arizona, ainsi que des mines d’Australie, du Mexique, du Chili, de Russie ou du Maroc.
Un pigment des maîtres anciens
Broyée, l’azurite donne un pigment bleu largement employé dans la peinture européenne du Moyen Âge et de la Renaissance. Elle était bien moins coûteuse que le bleu outremer tiré du lapis-lazuli, réservé aux éléments les plus précieux d’un tableau, comme le manteau de la Vierge. Ce bleu a cependant un défaut : il peut virer au vert ou s’assombrir avec le temps, notamment par altération en malachite ou sous l’effet des liants, ce qui modifie aujourd’hui l’aspect de certaines œuvres anciennes.
Azurite-malachite et usages ornementaux
On appelle azurite-malachite les masses où les deux minéraux alternent en couches ou en nodules, mêlant le bleu et le vert. Cette association est taillée en cabochons, polie en plaquettes ou utilisée en marqueterie de pierre. L’azurite seule, trop tendre et sensible aux chocs, à la chaleur et aux acides, est rarement employée en bijouterie courante ; ses cristaux sont surtout prisés des collections. Elle doit être conservée à l’abri de la lumière intense et de l’humidité.
Un indicateur pour les prospecteurs
Comme la malachite, l’azurite signale la présence de cuivre à proximité. Ses taches bleues sur les affleurements ont longtemps guidé les mineurs vers des gisements cuprifères exploitables.



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