Albâtre
L’albâtre est une roche tendre, à grain très fin et souvent translucide, utilisée depuis l’Antiquité pour la sculpture et les objets d’art. Le terme, hérité du grec par le latin, recouvre en réalité deux matériaux différents : l’albâtre gypseux, agrégat massif et finement grenu de gypse, qui est celui que désigne le mot aujourd’hui, et l’albâtre calcaire, calcite microcristalline en couches concentriques, que les Anciens désignaient du même nom. Tous deux se travaillent facilement et prennent un beau poli, ce qui explique leur succès auprès des artistes.
Deux roches sous un même nom
- L’albâtre gypseux est une variété compacte de gypse, sulfate de calcium hydraté. Il est très tendre (dureté 2 sur l’échelle de Mohs : on le raye à l’ongle), blanc laiteux, parfois veiné de gris, de rose ou de brun. Il se dissout lentement dans l’eau et ne convient donc pas aux emplois extérieurs.
- L’albâtre calcaire, dit aussi albâtre oriental ou albâtre égyptien, est un carbonate de calcium déposé par des eaux chargées de calcaire, dans des grottes ou près de sources. Plus dur (dureté 3), il présente des bandes ondulées et colorées qui rappellent l’onyx, d’où le nom commercial d’onyx-marbre.
Un simple test permet de les distinguer : l’albâtre calcaire fait effervescence sous une goutte d’acide, l’albâtre gypseux non.
Gisements
L’albâtre gypseux se forme dans les bassins sédimentaires où le gypse s’est déposé par évaporation d’eaux marines ou lagunaires. Les gisements exploités pour la sculpture se trouvent notamment en Italie, en Toscane, autour de Volterra, dont la tradition albâtrière remonte aux Étrusques ; en Angleterre, dans le Derbyshire et les Midlands ; en Allemagne, en Thuringe ; en Espagne, dans la vallée de l’Èbre ; en France, dans les gypses de la région parisienne ; et aux États-Unis, au Colorado. L’albâtre calcaire de l’Égypte ancienne provenait de carrières situées en Moyenne-Égypte.
Utilisations à travers l’histoire
En Égypte et au Proche-Orient antiques, l’albâtre calcaire servait à tailler des vases, des lampes, des vases canopes et des statuettes ; sa translucidité en faisait un matériau apprécié pour les récipients à parfum, dont le nom grec, alabastron, a donné celui de la pierre. Au Moyen Âge, l’albâtre gypseux anglais fut exporté dans toute l’Europe sous forme de retables et de gisants sculptés à Nottingham. À la Renaissance et à l’époque baroque, il fut largement employé pour les tombeaux, les statues et les décors intérieurs. Volterra reste aujourd’hui un centre artisanal de production d’objets en albâtre : lampes, vases, bibelots.
Propriétés et travail de la pierre
La tendreté de l’albâtre permet de le sculpter avec des outils simples et de le polir jusqu’à obtenir une surface douce et lumineuse ; sa translucidité, sur quelques centimètres d’épaisseur, est exploitée pour les abat-jour et, autrefois, pour certaines fenêtres d’églises. Sa grande porosité le rend apte à la teinture, et il peut être chauffé pour devenir opaque et imiter le marbre. En revanche, il se raye et se tache facilement et craint l’humidité. On le rencontre rarement en bijouterie, où sa fragilité le réserve à des pièces peu exposées aux chocs.
Ne pas confondre
L’albâtre est souvent pris pour du marbre, roche métamorphique bien plus dure, ou pour l’onyx véritable, qui est une variété de calcédoine (quartz). L’expression « blanc d’albâtre » et le mot « albâtre » lui-même sont passés dans la langue pour désigner une blancheur éclatante et lisse, en souvenir de la pierre la plus pure.


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