Diorite orbiculaire
La diorite orbiculaire, appelée aussi corsite, est une roche plutonique rare, remarquable par ses orbicules : des sphères de quelques centimètres formées d’anneaux concentriques clairs et sombres, prises dans une matrice grenue. Composée de feldspath plagioclase, de hornblende, de biotite et d’un peu de quartz, elle doit sa célébrité au gisement corse de Sainte-Lucie-de-Tallano et à son emploi en décoration.
Composition
Comme toute diorite, la roche est issue du refroidissement lent, en profondeur, d’un magma de composition intermédiaire, moins riche en silice que le granite. Ses minéraux principaux sont le plagioclase (feldspath calco-sodique, clair) et des minéraux ferro-magnésiens sombres, la hornblende (une amphibole) et la biotite (un mica noir) ; le quartz est accessoire. Dans la diorite orbiculaire, ces mêmes minéraux se distribuent en couches alternées autour d’un noyau, ce qui donne aux orbicules leur aspect de cibles ou de cocardes.
Comment se forment les orbicules ?
Les orbicules résultent d’une cristallisation rythmique : autour d’un germe (fragment de roche ou premier cristal), le magma dépose successivement une couche riche en minéraux sombres, puis une couche riche en plagioclase, et ainsi de suite. Les géologues expliquent cette alternance par des variations locales de composition et de sursaturation du liquide au contact des couches déjà solidifiées, dans un magma pauvre en germes de cristallisation. Le détail du mécanisme reste discuté, ce qui explique en partie la rareté de ces roches : les conditions requises se rencontrent rarement et ne persistent pas longtemps. Les orbicules se concentrent souvent en bordure d’intrusion, sur des volumes réduits.
Le gisement de Corse
La diorite orbiculaire la plus fameuse provient de Sainte-Lucie-de-Tallano, dans le sud de la Corse, d’où le nom de corsite ; on l’a aussi appelée napoléonite. Découverte au XVIIIe siècle et exploitée au XIXe, elle a servi à des objets d’art, des socles, des plateaux et des décors de cheminées. Le gisement, très limité, a été fortement entamé par les prélèvements ; il est aujourd’hui protégé, et le ramassage y est interdit. Des blocs sont visibles dans des musées de minéralogie et dans le village lui-même.
Autres occurrences
Des roches orbiculaires existent ailleurs dans le monde, avec des compositions variées : granites, granodiorites, gabbros ou diorites orbiculaires sont signalés en Finlande et en Suède, en Californie, au Chili, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Chaque site présente des orbicules de taille et de dessin particuliers, ce qui permet souvent aux spécialistes d’identifier la provenance d’un échantillon à l’œil.
Usages
La beauté de la roche polie l’a destinée à la décoration : plaques, tables, presse-papiers, et petits cabochons en bijouterie. En raison de sa rareté et de la protection des gisements, elle n’est plus extraite que de façon marginale et se rencontre surtout dans les collections et sur le marché des minéraux anciens.




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