Les volcans en Asie et Océanie: White Island
White Island, appelée Whakaari en maori, est le volcan le plus actif de Nouvelle-Zélande. Cette île volcanique se dresse dans la baie de Plenty, à une cinquantaine de kilomètres au large de la côte est de l’île du Nord. Elle est connue pour son cratère fumant, ses dépôts de soufre jaune et l’éruption qui a coûté la vie à 22 personnes le 9 décembre 2019.
Un volcan né de la subduction
White Island se situe à l’extrémité nord de la zone volcanique de Taupō, une bande de volcans liée à la plongée de la plaque pacifique sous la plaque australienne. L’île n’est que le sommet émergé d’un grand volcan sous-marin : la partie visible mesure environ deux kilomètres de diamètre et culmine à un peu plus de 300 mètres.
Son cratère, ouvert vers la mer, abrite un système hydrothermal très actif : fumerolles, sources acides, boues bouillantes et dépôts de soufre. L’activité y prend souvent la forme d’explosions phréatiques, provoquées par la vaporisation brutale de l’eau au contact de la chaleur du magma, et parfois d’éruptions de cendres plus durables.
De James Cook aux mines de soufre
L’explorateur britannique James Cook aperçoit l’île en 1769 et la nomme White Island, sans doute à cause des panaches de vapeur blanche qui la couronnaient. À partir de la fin du XIXe siècle, on y exploite le soufre.
En septembre 1914, un effondrement d’une partie de la paroi du cratère provoque une coulée de débris qui ensevelit le camp minier : les dix ouvriers présents périssent. L’exploitation reprend dans les années 1920, puis cesse définitivement dans les années 1930. Les ruines de l’usine sont longtemps restées visibles sur l’île.
Une activité presque permanente
L’histoire récente de White Island est rythmée par de nombreux épisodes éruptifs. Le plus long s’étend de la fin de 1975 à 2000 : pendant ces années, le cratère a connu des explosions répétées, des émissions de cendres et la formation de nouveaux cratères. D’autres phases d’activité ont suivi, notamment entre 2012 et 2016.
Le volcan est surveillé en permanence par GeoNet, le service de surveillance géologique néo-zélandais, qui publie un niveau d’alerte volcanique. Caméras, capteurs sismiques et mesures des gaz permettent de suivre l’évolution du système hydrothermal, sans pouvoir prédire avec certitude le moment d’une explosion.
L’éruption du 9 décembre 2019
Propriété privée, l’île était devenue une destination touristique très fréquentée : des bateaux et des hélicoptères y conduisaient des visiteurs jusqu’au bord du cratère. Le 9 décembre 2019, une explosion soudaine survient alors que 47 personnes se trouvent sur l’île. Le bilan s’élève à 22 morts et de nombreux blessés graves, gravement brûlés.
Le drame a entraîné l’arrêt des visites et des poursuites judiciaires sur la sécurité des excursions. Il rappelle qu’un volcan à système hydrothermal peut exploser avec très peu de signes précurseurs, même lorsque son niveau d’alerte n’est pas le plus élevé.



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