Les volcans en Amériques: Îles Aléoutiennes
Les îles Aléoutiennes, en Alaska, forment un arc volcanique de plus de 1 500 kilomètres entre la péninsule de l’Alaska et le Kamtchatka. Ce chapelet d’îles résulte de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine et compte des dizaines de volcans actifs. Le Shishaldin, sur l’île d’Unimak, en est le plus haut et l’un des plus actifs.
Le Shishaldin
Le Shishaldin est un stratovolcan au cône remarquablement symétrique, souvent cité parmi les plus réguliers du monde. Il culmine à environ 2 850 mètres, ce qui en fait le point le plus élevé des îles Aléoutiennes. Il est en grande partie couvert de glace et de neige, et un panache de vapeur s’échappe souvent de son petit cratère sommital. L’île d’Unimak porte aussi d’autres volcans, comme le Westdahl, le Fisher et l’Isanotski.
Son activité
Les éruptions du Shishaldin sont surtout de type strombolien : projections de lave en gerbes, coulées de lave, colonnes de cendres. Certaines phases deviennent plus explosives, avec des panaches qui montent à plus de dix kilomètres d’altitude. Ses éruptions, fréquentes depuis le XVIIIe siècle, peuvent durer de quelques heures à plusieurs mois. La fonte brutale de la neige et de la glace au contact des produits chauds peut aussi engendrer des lahars, coulées de boue qui dévalent ses flancs. Des épisodes éruptifs marqués ont encore eu lieu à la fin des années 2010 et au début des années 2020.
Un danger pour l’aviation
L’île d’Unimak est très peu peuplée, et le principal risque du Shishaldin concerne le trafic aérien. Les routes aériennes entre l’Amérique du Nord et l’Asie passent au-dessus du Pacifique Nord, à proximité des volcans aléoutiens, et les cendres volcaniques peuvent endommager gravement les réacteurs des avions. Chaque éruption explosive déclenche donc des alertes destinées aux compagnies aériennes, et de petites localités voisines, comme Cold Bay, peuvent recevoir des retombées de cendres.
Une surveillance difficile
Isolé, difficile d’accès et souvent masqué par les nuages bas, le Shishaldin est longtemps resté mal observé. Il est aujourd’hui suivi par l’Observatoire des volcans d’Alaska (Alaska Volcano Observatory), qui associe l’institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), l’université d’Alaska à Fairbanks et le service géologique de l’État d’Alaska. Sismomètres, images satellites, caméras et rapports de pilotes permettent de détecter les éruptions et de diffuser des niveaux d’alerte.
D’autres volcans de l’arc aléoutien
L’arc compte de nombreux autres volcans actifs, dont le Pavlof, l’un des plus actifs de la péninsule de l’Alaska, l’Okmok, dont l’éruption de 2008 a été très explosive, ou le Cleveland, régulièrement en activité. L’ensemble de la région fait partie de la « ceinture de feu » du Pacifique.



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