Sardoine
La sardoine est une variété de calcédoine, un quartz microcristallin, de couleur brun-rouge à brun foncé. Elle ne se distingue de la cornaline, plus orangée et plus claire, que par ses nuances : les deux pierres ont la même composition, les mêmes provenances et les mêmes usages. Son nom viendrait de Sardes, ancienne capitale de la Lydie en Asie Mineure, ou, selon une autre hypothèse, de la Sardaigne. Nombre de sardoines du commerce sont teintes artificiellement.
Composition et propriétés
Comme toutes les calcédoines, la sardoine est constituée de silice (dioxyde de silicium) cristallisée en fibres microscopiques, ce qui lui donne une texture homogène, un éclat cireux et une cassure conchoïdale. Sa couleur brune vient d’inclusions d’oxydes et d’hydroxydes de fer. Elle est translucide à opaque, d’une dureté de 6,5 à 7 sur l’échelle de Mohs, ce qui la rend résistante aux rayures de l’usage quotidien, et d’une densité voisine de 2,6. Elle ne se clive pas, ce qui la rend facile à tailler et à graver.
Sardoine, cornaline et sardonyx
- La cornaline va du rouge-orangé au rouge ; elle est généralement plus lumineuse et plus translucide.
- La sardoine va du brun-rouge au brun foncé, parfois presque noir ; la limite entre les deux est une affaire de convention et de regard.
- La sardonyx est une agate formée de couches alternées de sardoine et de calcédoine blanche ou grise (onyx). Ses bandes contrastées en font la pierre par excellence des camées : le graveur sculpte le motif dans la couche claire et laisse la couche brune en fond.
Une pierre gravée depuis l’Antiquité
Facile à travailler et disponible, la sardoine a servi dès l’Antiquité à graver des sceaux et des intailles, ces pierres creusées en négatif que l’on pressait dans l’argile ou la cire pour signer. Les Grecs et les Romains l’ont abondamment utilisée pour les bagues-sceaux et les camées ; Pline l’Ancien la mentionne dans son Histoire naturelle. Elle figure dans la Bible parmi les pierres du pectoral du grand prêtre décrit dans l’Exode et parmi les fondations de la Jérusalem céleste dans l’Apocalypse, selon les traductions. À la Renaissance puis au XIXe siècle, la glyptique sur sardonyx a connu de nouveaux âges d’or.
Provenances et traitements
Les calcédoines brunes et rouges proviennent surtout de l’Inde, dont les ateliers de taille ont une tradition séculaire, ainsi que du Brésil, de l’Uruguay et de Madagascar, grands producteurs d’agates. Beaucoup de pierres vendues sous le nom de sardoine ou de cornaline sont en réalité des calcédoines grisâtres dont la couleur a été obtenue ou renforcée par teinture : la pierre poreuse est imprégnée d’une solution de fer ou de sucre, puis chauffée, ce qui fait apparaître ou foncer les tons bruns et rouges. Le procédé est ancien, stable et n’altère pas la solidité de la pierre, mais un vendeur honnête doit le déclarer.
Utilisations et entretien
La sardoine se taille en cabochons, en perles et en plaques pour les bagues, pendentifs, boutons de manchette et objets décoratifs ; la sardonyx reste la matière de choix des camées et des chevalières gravées. Son entretien est simple : eau tiède légèrement savonneuse et chiffon doux. On évitera les chocs thermiques brutaux, les produits chimiques agressifs et les bains à ultrasons pour les pierres teintes ou fissurées.


vous devez être connecter pour déposer un commentaire connecter