Les volcans : Le Sakura-jima
Le Sakura-jima est un volcan japonais situé dans la baie de Kagoshima, au sud de l’île de Kyūshū, face à la ville de Kagoshima. C’est l’un des volcans les plus actifs du Japon : depuis le milieu du XXe siècle, il connaît des explosions fréquentes, souvent plusieurs centaines par an, qui projettent des panaches de cendres sur la région.
Un stratovolcan dans une caldeira
Le Sakura-jima est un stratovolcan, c’est-à-dire un volcan formé par l’empilement de coulées de lave et de dépôts de cendres. Il s’est édifié sur la bordure sud de la caldeira d’Aira, une vaste dépression née d’éruptions géantes il y a plusieurs dizaines de milliers d’années et aujourd’hui occupée par la partie nord de la baie. Le massif culmine à un peu plus de 1 100 mètres et compte plusieurs sommets, dont le Kita-dake et le Minami-dake ; c’est dans la zone du Minami-dake, et du cratère Shōwa sur son flanc, que se concentre l’activité récente.
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L’éruption de 1914
Le Sakura-jima était autrefois une île, comme l’indique son nom (« jima », île). En 1914, l’éruption de l’ère Taishō, la plus importante qu’ait connue le Japon au XXe siècle, a produit d’abondantes coulées de lave. Elles ont comblé le détroit qui séparait l’île de la péninsule d’Ōsumi : depuis, le volcan est relié à la terre ferme à l’est. Des villages ont été ensevelis et la population a dû être évacuée. Les habitants ont tiré de cette catastrophe une culture de la vigilance face au volcan.
Un volcan à l’activité quasi permanente
Depuis 1955, le volcan est entré dans une phase d’activité soutenue, faite surtout d’explosions de type vulcanien : des bouchons de lave visqueuse cèdent sous la pression des gaz et libèrent des colonnes de cendres et des blocs. Selon la direction des vents, les cendres retombent sur Kagoshima ou sur d’autres localités. Les habitants y sont habitués : la ville distribue des sacs spéciaux pour collecter les cendres, et les bulletins météo locaux indiquent où elles risquent de tomber.
Une surveillance de premier plan
Le Sakura-jima est l’un des volcans les plus étudiés au monde. L’Agence météorologique du Japon surveille son activité et publie des niveaux d’alerte, et l’université de Kyoto y entretient un observatoire volcanologique. Sismomètres, mesures de déformation du sol et analyses des gaz permettent de suivre la montée du magma. Des abris et des itinéraires d’évacuation existent sur le pourtour du volcan, et des exercices sont régulièrement organisés.
Vivre au pied du volcan
Malgré le danger, plusieurs milliers de personnes vivent sur les pentes du Sakura-jima, et la ville de Kagoshima, de plus d’un demi-million d’habitants, lui fait face de l’autre côté de la baie. Les sols volcaniques sont fertiles : le volcan est célèbre pour un radis géant, le daikon de Sakurajima, et pour de petites mandarines. La ressemblance du site avec la baie de Naples et le Vésuve est souvent soulignée ; Kagoshima et Naples sont d’ailleurs jumelées. Le volcan attire aussi les visiteurs, venus contempler ses explosions depuis des points d’observation situés à distance de sécurité.

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