Les volcans en Amériques: Equateur
Parmi les volcans de l’Équateur, le Cotopaxi est le plus célèbre : haut de près de 5 900 mètres, c’est l’un des plus hauts volcans actifs du monde, reconnaissable à son cône presque parfait couronné de glace. Situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Quito, il est aussi l’un des plus dangereux du pays, en raison des coulées de boue que ses éruptions peuvent déclencher.
Pourquoi l’Équateur compte-t-il tant de volcans ?
L’Équateur appartient à la ceinture de feu du Pacifique. Au large de ses côtes, la plaque océanique de Nazca plonge sous la plaque sud-américaine : c’est la subduction, qui fait fondre des roches en profondeur et alimente le volcanisme des Andes. Le pays compte des dizaines de volcans, alignés le long de deux cordillères qui encadrent la vallée centrale, souvent surnommée « l’avenue des volcans ». On y trouve notamment le Chimborazo, point culminant du pays, le Tungurahua, le Sangay, le Reventador, le Cayambe et le Guagua Pichincha, qui domine Quito.
Le Cotopaxi : un stratovolcan sous la glace
Le Cotopaxi est un stratovolcan, c’est-à-dire un volcan construit par l’empilement de coulées de lave et de produits d’explosions. Son sommet est creusé d’un cratère et couvert d’un glacier. Son activité associe :
- des explosions qui projettent cendres et blocs ;
- des coulées pyroclastiques, ou nuées ardentes, mélanges de gaz et de débris brûlants qui dévalent les pentes ;
- des coulées de lave, plus rares ;
- des fumerolles, émissions de gaz et de vapeur entre les éruptions.
Le danger des lahars
Le principal danger du Cotopaxi vient de sa calotte glaciaire. Lors d’une éruption, la chaleur fait fondre brutalement la glace et la neige ; l’eau se mêle aux cendres et aux débris pour former des lahars, des coulées de boue rapides et puissantes qui suivent les vallées. Elles peuvent parcourir des dizaines de kilomètres, voire davantage, et tout détruire sur leur passage.
Deux grands axes sont menacés : vers le nord, la vallée de Los Chillos, aux portes de Quito, et vers le sud, la région de Latacunga, où vivent de nombreux habitants et où se trouvent d’importantes zones agricoles et industrielles.
Les éruptions historiques
Depuis l’arrivée des Espagnols, le Cotopaxi a connu plusieurs grandes périodes éruptives, en particulier au XVIᵉ siècle, au milieu du XVIIIᵉ siècle et au XIXᵉ siècle. L’éruption de 1877 est la plus connue : des nuées ardentes ont fait fondre le glacier, et les lahars qui en ont résulté ont causé de nombreuses victimes et d’importants dégâts jusqu’à grande distance du volcan. Le Cotopaxi s’est de nouveau réveillé en 2015, avec des émissions de cendres qui ont conduit les autorités à relever le niveau d’alerte, sans éruption majeure.
Une surveillance permanente
Le volcan est étroitement surveillé par l’Institut géophysique de l’École polytechnique nationale de Quito, qui suit les séismes, les déformations du sol, les gaz et l’état du glacier. Des plans d’évacuation et des systèmes d’alerte existent pour les vallées exposées aux lahars. Le Cotopaxi est par ailleurs le cœur d’un parc national très fréquenté par les randonneurs et les alpinistes, dont l’accès dépend du niveau d’activité du volcan.


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